#1 21-12-2020 00:10:46

rookie75
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[C46] Question sur les mesures 12 à 16

Bonjour Jean-Luc

Puisque vous m'avez invité à déposer mes longues questions sur le forum, voici déjà la première (en deux sous-questions !)

Sous-question 1

Pourquoi ne distinguez-vous pas entre tonulation véritable et simple mise en valeur d'un degré par son accord de septième de dominante ou de degré 7, sans changement de tonalité (ce qu’on appelait dans mes lectures antérieures, des dominantes secondaires) ?

Jusqu’à présent, lorsque votre manière de présenter les choses était différente, j’arrivais toujours à retomber sur mes pieds : par exemple, vous n’avez jamais parlé à ce stade des accords de sixte italienne, française et allemande que mon auteur fétiche adorait, mais votre manière de présenter le chromatisme les inclut sans le dire, donc je m’y retrouve.

Pour les changements de tonalité en revanche, votre présentation n’est pas équivalente, donc je suis preneur de vos précisions (vu que je ne peux pas contacter l’auteur du livre :-) ). Je détaille ci-après la différence essentielle entre les deux approches.

Dans votre logique, si j’ai bien compris, je sors de la tonalité A par un enchaînement V-x ou VII-I dans la tonalité B. Mais pour revenir dans la tonalité A, il va falloir attendre que j’aie à nouveau un enchaînement V-x ou VII-I dans la tonalité A.

Dans la logique de la dominante secondaire en revanche, la dominante secondaire n’est qu’un embellissement de l’accord dans la tonalité A, et comme on ne sort jamais de la tonalité A, on n’a pas besoin d’y revenir. On doit juste vérifier qu’en enlevant l’accord de dominante secondaire, l’enchaînement des accords restants est cohérent dans la tonalité A.

La plupart du temps, il n’y a pas de différence effective entre les deux approches, car l’enchaînement V-x ou VII-I va arriver très vite pour « revenir » dans la tonalité A. Et c’est pour ça que je ne vous avais pas encore posé la question :-) ! Mais l'heure est venue :-) !

Sous-question 2

La polonaise de Bach offre au moins un exemple de situation où les deux approches ne sont pas équivalentes, me semble-t-il, en l'occurrence entre les mesures 12 et 16.

http://www.polyphonies.eu/forum/images/img1616.jpg

Dans votre vidéo, on revient en do# mineur au dernier temps de la mesure 14. Mais je n’ai pas d’accord V ni d’accord VII, j’ai un accord II. Certes, j’ai un si# au temps précédent, mais si l’on dit que le deuxième temps est encore en fa# mineur, le si# est purement chromatique, il n’existe pas vraiment. Bref, quelque chose m’échappe. Par ailleurs au premier temps de la mesure 15, il n'y a pas de do#, celui-ci n'arrivera qu'au deuxième temps de la mesure. Donc pour "revenir" en do# mineur à cet endroit-là, je suis obligé d'admettre que cela se fait par un accord VII7 sans fondamentale suivi d'un accord I sans fondamentale.

Si en revanche, l’on considère que la mesure 13, où il n’y a qu’une seule harmonie pour toute la mesure, est un embellissement du premier temps de la mesure 14 et que tout doit se chiffrer en do# mineur, on a :
- mesure 12 : harmonie unique, degré V
- mesure 14 : IV  |  Ia  |  II
- mesure 15 : III+ |  Ia  |  V
- mesure 16 : I

On se retrouve ainsi avec un enchaînement en do# mineur qui est : V – (V/IV) – IV – Ia – II – III+ - Ia – V – I

Le bloc V-IV-Ia est classique, comme le bloc Ia-V-I. Ma culture musicale n'est pas suffisante pour savoir si le bloc Ia-II-III+-Ia est largement référencé, mais il fonctionne sans problème grâce à la linéarité de la ligne de basse.

Qu'en pensez-vous ?

J'attends avec hâte la réponse !

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#2 22-12-2020 20:06:14

Jean-Luc
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Re: [C46] Question sur les mesures 12 à 16

Vos questions me semblent encore un peu prématurées. Il faut attendre d'avoir étudié plus d'oeuvres et de compositeurs pour que vous ayez une vision plus large de ces questions. Des enchaînements particuliers comme la sixte napolitaine par exemple seront abordés dans les pièces à venir. Cela dit, je  reconnais que ce passage est ambigu harmoniquement.

- Dès qu'arrive un accord V7 qui n'appartient pas à la tonalité présente, on change de tonalité même si c'est pour une pulsation. Dans une polyphonie à 4 voix, toutes les voix vont s'accorder à la nouvelle tonalité. On en a de très bons exemples dans les oeuvres de tous les compositeurs que nous aborderons. C'est le principe qui aura cours jusqu'à Wagner et que vous pourrez vérifier dans les oeuvres que nous aborderons. Très souvent dans les oeuvres de Wagner, on change de tonalité à chaque pulsation avec V7 ou  VII7. Pour l'instant nous n'avons vu que des entrées dans le nouveau ton qu'avec les degrés V ou VII mais nous verrons aussi des entrées avecd'autres accords chez Bach notamment.
Je ne souscris pas du tout à cette théorie de la dominante secondaire. On peut avoir des accords communs aux deux tonalités qui vont rendre plus douce une tonulation, mais je ne vois pas l'intérêt de cette théorie dans la construction d'une pièce ni  même dans l'analyse

- A mon avis, il n'y a que deux analyses possibles pour le dernier accord de la mesure 14: soit II ou soit VII7a avec la sensible absente. Je penche donc pour cette dernière solution n'imaginant pas Bach placer une fausse cadence.
Dans votre analyse,   je ne vois pas comment vous analysez la mesure 13 en do# mineur avec ce  mi#? De plus les enchaînements V – (V/IV) – IV – Ia – II – III+ - Ia – V – I ne me semblent pas conformes à ce que l'on trouve dans la musique de Bach, surtout d'ailleurs l'enchaînement II-III-I. A savoir qu'un théoricien comme Bitch recommande d'éviter V/ IV (je le cite mais ne suis pas d'accord avec cette théorie:) ).


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